Samstag, 15. April 2017

KPR-3: Jour 8 | Mühlhausen – Schlotheim





Visite de l’atelier d'Olaf Meinel et découverte de son monde. Ce qui m’impressionne chez lui : sa douceur et son regard profond. On se tutoie. Il me raconte les concours de sculpture en Italie où il avait deux semaines pour créer ce qu’il avait proposé. Tailler dans le marbre, des blocs et des blocs. Il a la mélancolie de ce temps en Sardaigne. Maintenant, il ne peut plus entreprendre de tels voyages et surtout de tels ouvrages ! Hyper physique ! Il se définit comme un artisan d’art et non comme un artiste, il a étudié à Weissensee et maîtrise les proportions et ses outils, il me parle d’une femme : « ça, c’est une artiste, parce qu’elle peint de manière autodidacte, avec son âme ».

Le thème de l’âme se révèle quasiment à chaque discussion que j’ai eue. L’âme, c’est bien que ce thème ait surgi. J’accueille ce sujet et laisse murir ma réflexion personnelle.

Je quitte cette ville et traverse des vastes champs d’herbe verte. Ces étendues ! L’Allemagne, tu peux y respirer. Les villages ne se touchent pas.

J’arrive à Schlotheim et comme d’habitude, je demande « Y-a-t-il des artistes ?». On me répond : « Oui ! » On m’y emmène. Je sonne, une vieille dame ouvre la fenêtre et vient à ma rencontre. Elle me fait entrer chez elle, dans une maison datant de 1901 et qui a appartenu à des générations de commerçants, dont elle. On appelle sa fille, artiste, qui est dans sa galerie à Volkenroda (endroit connu pour son monastère cistercien et lieu de pèlerinage). Son mari vient me chercher en voiture et je découvre son univers que je n’avais jamais encore vécu. Des céramiques partout, des chaises en bois, Eric Satie ou un musicien dans le genre en arrière fond, des bougies, de la nourriture à chaque coin. Chaque segment de ce paysage intérieur incroyable est un tableau, une nature « morte-vivante ». Petra Arendt est une personne sensible. J’ai de la peine à la capter au début et je me demande où je suis atterrie. Les mots s’enchaînent. Elle me parle de l’importance de l’EROS chez les artistes pour la force à transmettre une profondeur. On parle de la proximité et de l’ouverture, « Grenblosigkeit ». On parle de son parcours. Elle est autodidacte et me dit qu’elle avait étudié chez Professor Emotionen. Elle me parle aussi de l’impact de cet endroit, de sa foi.

On rentre finalement tous à Schlotheim dans une petite voiture : Petra, Norbert le mari, le grand-père qui a 88 ans, un tout petit monsieur à croquer et le petit-fils, on se fait « ein Abendbrot »  (café complet) et c’est juste magnifique. 



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