Donnerstag, 1. Juni 2017

KPR-3: Jour 55 | Bratislava





Le matin, je quitte mes hôtes pour rejoindre la curatrice de Transit, un centre d’art contemporain, et ses assistantes. Judit Angel, d’origine roumaine qui vit à Budapest, me pose des questions, pose un regard critique ou me propose des pistes, soulève des points concernant mon projet. Une discussion pointue qui me fait avancer. Merci.



Je laisse mon sac car je veux planter ma tente dans l’espace vide, en pleine installation de la prochaine exposition. Aujourd’hui, je ferai la connaissance de Milos Koptak, artiste illustrateur qui dirige, avec deux autres personnes, une galerie spécialisée dans l’illustration car il y a une grande et belle tradition de l’illustration en Slovaquie. Je passe dans trois galeries dont deux sont en plein vernissage. Les œuvres de Zoja, petite fille de 5 ans qui a une maladie génétique, me touchent au plus profond de mon âme. A deux ans, elle dessinait déjà comme un enfant de six ans. Les dessins sont accrochés à hauteur des petits. Je viens de recevoir un message de la maman qui me remercie personnellement d’être venue à l’expo de sa fille. Merci à vous, continue Zoja !




























Zoja Palickova

Dans l’autre galerie, je discute avec Peter, le propriétaire, qui me parle de la situation du pays : « que la séparation d’avec la Tchéquie ne fut pas forcément bénéfique, qu’il y aurait 20% de la population partisane de la droite, que le ministre des affaires étrangères serait un sacré voleur, que la communisme sonnait différemment à Paris durant toute cette période que dans les Républiques de l’URSS (oui, le communisme n’est pas seulement un bel idéal défendu par les artistes), que Kropotkin et Lénine faisaient ce qu’ils voulaient (par exemple trois mois d’anarchie en laissant de côté le communisme), que les Slovaques d’aujourd’hui ne comprennent pas bien le terme de « liberté », qu’un professeur à l’Académie des Arts gagne 800 EUR par mois, qu’il serait mieux d’assurer certains matériaux en Autriche parce qu’ici il n’y avait rien de correspondant ou à cause de la situation corrompue de l’Etat, qu’avant la Première Guerre Mondiale le pays aurait été plus grand et plus important que l’Autriche et qu’à la séparation il y aurait eu deux personnes qui ont littéralement partagé et se sont attribuées les parts, qu’en Slovaquie de l’Est il y aurait une grande population de Gitans, ce qui serait un véritable problème et que l’Etat, face à la crise migratoire, avait organisé des camps pour accueillir les réfugiés et que ceux-ci auraient vite décampé préférant leur chez-eux sous les bombes que la proximité des Gitans. »

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