Dienstag, 8. August 2017

KPR 3 : Jour 123 I Gracanjca - Papaz

Trojan m'attend à 8h00 au monastère orthodoxe pour me servir de guide. C'est un des monastères les plus célèbres, il date du 14ème siècle et nonante pour cent des fresques sont restées intactes. Cela relève du miracle parce que les 300  autres monastères de la région n'ont pas eu cette chance, ils ont été endommagés par le temps ou détruits  par la communauté albanaise musulmane.
Je me dois de visiter ce lieu, c'est une promesse envers mes interlocuteurs serbes qui eux ne peuvent pas venir ou alors en prenant beaucoup de risques. L'église est magnifique, elle a la particularité d'avoir 5 dômes au lieu de 4. Elle est remplie de fresques bibliques représentant tous les saints de la culture serbe. Il y a une communauté de religieuses qui vit là.



Après avoir allumé des bougies en cire d'abeille, je continue mon chemin et j'emprunte des sentiers champêtres. Je traverse quelques villages serbes puis j'aperçois à nouveau des mosquées. Au moment où je m'apprête à faire une petite sieste, un jeune commence à me parler. Il est charmant mais il se montre très insistant et veut m'embrasser. Ses arguments : il faut se relaxer et vivre le moment présent. Oui bon ça va ! Je n'ai aucune envie moi ! Je pue, je transpire et je veux juste profiter de l'ombre pour me reposer. Je me demande pourquoi certains des Albanais que j'ai croisés veulent-ils à tout prix m'embrasser et plus si entente. Et tout ça à une telle vitesse...Ce n'est pas la première fois qu'on me propose un motel, qu'on essaye de me prendre les mains, de m'embrasser dans le cou. Je me demande : est-ce que quand ils voient une femme étrangère, qui voyage seule, ils se disent qu'ils ont plus de liberté. Peut-être qu'ils ont tellement de pression avec le respect de la religion, de la culture, de la hiérarchie...je ne sais pas. Pour me protéger, je me cache derrière mes lunettes de soleil et je porte la bague au doigt. Je me dis que ça peut aider, c'est quand même fou comme un tel petit symbole peut avoir du pouvoir. Je vais tester son efficacité les prochains jours.
Sur la route je m'arrête dans un petit magasin, un petit groupe d'hommes m'accueille.



Je perçois clairement la séparation sociale entre hommes et femmes. Après 30 minutes il y a toute la famille qui me rejoint et il y a même un professeur de musique. On me propose un concert pour le lendemain soir. Mais là, j'ai juste envie d'un peu d'espace et de camper. Parfois c'est dur de gérer toute cette attention. Enfin, ça dépend.
Je marche, on m'offre du maïs bouilli. Je campe près d'un terrain vague où déchets et chiens errants font bon voisinage.

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