Merci à Marie Fabienne Aymon de m’avoir accueillie et de m'avoir confié ses précieuses pensées!
Article: Marinka Limat marche pour l’art
I am a performance artist; my work emerges from themes of human interaction. This blog documents my on-going performance project, «Kunst-Pilger-Reise».
It consists of three journeys undergone by foot that establish and investigate physical connections between Meccas of art and culture.
For more information:
www.kunstpilgerreise.ch
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Montag, 16. Mai 2016
Montag, 28. Dezember 2015
KPR-2: Liste des musées, galeries, institutions d’art, artistes visités (CH/IT)
Un grand merci à toutes les personnes et institutions qui travaillent pour l’art et qui ont accueilli la Kunstpilgerreise 2!
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Vielen Dank an alle, die mein Projekt empfangen haben!
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Thanks to all persons, art institutions for having receveid my project!
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Grazie a tutti per ospitare il mio progetto!
Musées, galeries, institutions, centres culturels visités
En Suisse:
Musée de Morat, Directeur Ivan Mariano, Morat Fr
Musée du Papier Peint, Administratrice Evelyne Tissot-Magnin, Mézières Fr
Vitromusée, Collaboratrice scientifique Valérie Sauterel; Réception Simone Devaud, Romont Fr
Musée Jenisch, équipe de la réception, Julie Manau, Michel Cap, Vevey Vd
Ferrari Art Gallery, Galeriste Sylvie Ferrari, Artiste Carl Valverde, Vevey Vd
Plexus Art Gallery, Galeriste Bernard Chassot, Clarens Vd
Château de Saint-Maurice (exposition Western, BD), réception, Saint-Maurice Vs
La Bouche qui rit, lieu culturel, Jacky Lager, Saint-Maurice CH
Fondation Gianadda, réception, Martigny Vs
Fondation Louis Moret, Directrice Marie-Fabienne Aymon, Martigny Vs
Le Manoir, Anne Jean-Richard Largey, Martigny Vs
En Italie:
Centro Saint-Benin, Aosta Ao
Castello Gamba, Châtillon Ao
Forte di Bard, collaboratrice Lisa Thoux, Bard Ao
Associazione Arteinfuga, Ivrea To
Templi dell’Umanita, Damanhur To
Associazione Culturale – Galleria Areacreativa42, Karin Reisova’, Elisabetto Chiono, Rivarolo To
Venaria Reale, Tomoro Ricardi, Venaria Reale To
Museo d’Arte Contemporanea, Alessia Maria Simona Giorda, Castello di Rivoli, Rivoli To
Fondazione Merz, Torino To
Pinacoteca Giovanni e Marella Agnelli, Torino To
GAM Galleria Civica d’Arte Moderna e Contemporanea, Torino To
GaloArtGallery, Galo, Torino To
Fondazione Novecento, Palazzo Luigi Einaudi, Diego Bionda, Francesca Zacheo, Chivasso To
Museo Borgogna, Cinzia Lacchia, Vercelli No
Galleria Viadeimercati (Casa d’arte), Claudio Balocco, Paola Bertolazzi, Vercelli No
Incisione d’arte Stamperia, Giuliano Grittini, Marina Carat, Corbettaz Mi
Comando Custodi Galleria d’Arte Moderna, GAM, Milano Mi
Fondazione Marconi, Milano MiFondazione Prada, Milano Mi
Istituto Svizzera di Roma, Centro Culturale Svizzero di Milano, Milano Mi
Museo del Novencento, Milano Mi
Galleria Mimmo Scognamiglio, Dario Picco, Milano Mi
Galleria Pietro Monopoli, Milano Mi
Galleria NAM Project, Milano Mi
Galleria Francesca Minini, Marco, Milano Mi
Galleria d’arte L’incontro, Chiari Bs
Museo della Cita, Chiari Bs
Galleria Roberto Agnellini, Brescia Bs
Galleria Minini, Assistant Fabio Gregorio, Brescia Bs
Accademia di Belle Arti di Brescia Santa Giulia, Directeur Riccardo Romagnoli, Brescia Bs
Assozione Artisti Brecia, Dino Santina, Brescia BsFondazione PinAC, réception, Massimo Vitali, Rezzato Bs
AGI Verona Associazione, Collezione, Giorgio Fasol, Verona Vr
Universita degli Studi di Verona, Professeur d’histoire d’art contemporain, Roberto Pasini, Vr
Galleria d’arte Moderna Achile Forti, Verona Vr
Galleria Studio la Citta, Verona Vr
Galleria Box art, Verona Vr
Basilica Palladiana, Maria Yvonne Pugliese, presidente associazione culturale Yarc, Vicenza Vi
Palazzo Zabarella, Padova Vi
PaRDeS, Laboratorio di Ricerca d’arte contemporanea, Mirano Ve
Galleria Made in, curatrice Daniella Bacigalupo, Venezia Ve
Pro Helvetia, Jacqueline Wolf (coordinazione Palazzo Trevisan), Venezia Ve
One contemporary Art, Elisa Covre, Venezia Ve
Artistes-artisans
Albert Dafflon, scultpure en fer forgé, peintures, Montagny-la-Ville CH
Bernard Devaud, aquarelle, dessin, croquis, Semsales CH
Soeur Isabel Bachmann, peinture, Communauté des Soeurs Saint-Augustin, Saint-Maurice CH
Jacky Lager, musicien, Saint-Maurice CH
Stéphane Borgeaud, musicien, Valais CH
Siro Viérin, sculpture sur bois, Saint-Oyen IT
Etto, peinture (visilunghi), Aosta IT
Cornici Tomassoni, (cadres), Aosta IT
Carla Debernardi, (créations tissus, vannerie, fleurs en filtres de café), Nus IT
Giovanni Thoux, sculpture sur bois, Verres IT
Roberta Bechis, sculpture sur bois, Montjovet IT
Diana, cornici, peinture, Chivasso IT
Diego Bondi, illustration, Chivasso IT
Carlo Mazzetti, peinture, Saluggia IT
Andrea Musso, illustration, Alessandria IT
Ion Koman, peinture, Novara IT
Renata Buttafava, sculpture Milano IT
Michel Diamante, danseur, Milano IT
John Funck, mister X, Milano IT
Tony Toninelli, cyclopape, Caravaggio IT
Osvaldo Vezzoli, peinture, architecte, Chiari, IT
Amedeo Togni, sculpture marbre, peinture, IT
Laura Baronio, peinture, Brescia IT
Giuseppe Bonzi, peinture, Desenzano IT
Fiore Panza, peinture, Castelnuovo del Garda IT
Bruno Vanessi, De Curtis, musicien, Verona IT
Michela Bogoni, Federico Pillan, peinture (fresque, anamorphose street art), Monteforte d’Alpone ITMartini, cadri, peinture, Vicenza IT
Dario Rigoni, photographe, Vicenza ITAlex Hart, artiste, globe-trotter avec un grand projet: Heartshape IT
Arianna Furlan, Cornici, Padova IT
Marco Strano, peinture, musicien jazz, Padova IT
Gino Bosa, Designer, marchand, Padova IT
Tobia Rava, peinture, scupture, spécialiste de gematria, Mirano IT
Maria Luisa Trevisan, curatrice, critique d’art, Mirano IT
Ludovico di Luigi, peinture surréaliste, Venezia IT
Concepcion Garcia Sanchez, artiste, art thérapeute, Venezia IT
Autre
Maison Saint-Joseph, Directeur Claude Ecoffey, Châtel-St-Denis CH
Hôtel le Charaban, Sonia Margueret (fille de l’artiste Etto), Aosta IT
Librairie La Feltrinelli, Nicoletta Radici, Verona IT
Dinusha Hemal Fernando, (organise des voyages au Sri Lanka), Verona IT
Publications/articles
Zelda Chauvet, de la Télé CH
Eugenio Barboglio, Bresciaoggi IT
Traduction de l’article:
Barbara Bedin, Venezia IT
Mittwoch, 25. November 2015
Dienstag, 24. November 2015
Donnerstag, 19. November 2015
KPR-2: Presse | Bresciaoggi
Molte grazie al giornalista Eugenio Barbaglio, Andrea Polo e Barbara Bedin (per la traduzione)!
Dienstag, 17. November 2015
KPR-2: «Qual è il capitale dell’arte?»
C’était une ambiance spéciale, samedi. C’est dans la journée que j’ai appris les événements de Paris. Je comprends un peu mieux pourquoi les gens avaient une certaine retenue lors de la lecture.
Merci à Tony Toninelli de m’avoir assistée toute la journée (dans la lecture, dans l’explication aux gens et dans la défense du projet face aux policiers), à Serge D’Urach de m’avoir aidée dans la recherche de l’emplacement, à Concepcion Garcia Sanchez d'avoir été assistante caméra, à Regula Bearth, à Elisa Covre d'avoir été assistante caméra, à Barbara Bedin et son ami, Maria Luisa Trevisan et Tobia Rava de s’être déplacés!
Sonntag, 15. November 2015
Freitag, 13. November 2015
KPR-2: Performance «Qual è il capitale del’arte?»
Ultima Performance dell Pellegrinaggio d’arte:
Oggi – today in Venezia
10:30 Paradisio Caffee
14:00 Piazza San Marco – Campanile
16:00 Stazione Santa Lucia – scala fuori
Veni!!! A dopo
Oggi – today in Venezia
10:30 Paradisio Caffee
14:00 Piazza San Marco – Campanile
16:00 Stazione Santa Lucia – scala fuori
Veni!!! A dopo
Dienstag, 10. November 2015
KPR-2: 44ième jour | Venezia—Venezia
J’ai visité les Giardinis et ai rencontré le responsable du Pavillon suisse, Serge d’Urach. Et puis, dans l’après-midi, un homme m’a interpellée, et c’est un ami de Giuseppe Bonzi, l’artiste de Desenzano, que je n’ai jamais rencontré et que j’aurais tant voulu.
Je dors au Consulat Suisse et à la Fondation suisse pour la culture ProHelvetia. Je peux planter ma tente dans la magnifique salle du Palazzo Trevisan. Merci à Jacqueline Wolf pour l’accueil!
Tutto bene. Le projet continue.
Montag, 9. November 2015
KPR-2: 43ième jour | Venezia—Venezia
Il est lundi soir, minuit 12. Je suis à Venise, hébergée chez une artiste et curatrice Daniella Bacigalupo, magnifique personne.
Il est lundi. Il me reste quelques jours pour concrétiser le pourquoi de ma démarche. Pourquoi j’ai marché, jusqu’à Venise? Pourquoi?
Andiamo.bout.
Sonntag, 8. November 2015
KPR-2: 42ième jour | Mirano—Venezia
Dernier jour. Ou plutot, je me suis demandée si je fais halte à Mestre ou pas. Bon, c’est un peu ridicule, car Mestre après avoir été concertée, n’est pas forcément intéressante. Et honnetement, j’ai remarqué que plus je sentais la Sérénissime, plus j’avais envie de l’atteindre. Alors, dai. En chemin, anecdote qui vaut la peine d’etre redigée: un jeune homme m’accoste et me demande une faveur; celle d’aller acheter la pillule du lendemain pour sa copine agée de 17 ans. Pour etre sure d’avoir bien compris, je lui demande quelques informations. Oui, Marinka, t’as bien capté, le préservatif a cédé. Bon, allez, dai. On t’a tellement aidée, alors maintenant, à ton tour. Il me donne l’argent et je vais dans la pharmacie pour demander la «chose» en question. Eco. On se salue et on se quitte.
Je quitte Mestre, j’atteins une zone semi-autoroute, semi-je-ne-sais-pas-quoi… je longe les bords de route, je me faufile entre la barrière délimitant la route vers l’intérieur et la barrière délimitant la route vers l’extérieur. Capici? Enfin, une sorte de sandwich. Et j’arrive au Pont della Liberta!!! Et je vois au loin, dans une sorte de brume, Venise. Il fait grand beau, il y a des mouettes et des hérons, il y a l’eau, le sable, les filets, le vent, il y a le soleil. C’est un moment de bonheur. Je savoure ce moment. Seule (enfin… à coté des voitures, des motos, camions, bus, trains, métro-bus), je traverse ce pont.
Quelques 4 kilomètres encore avant de poser pied sur la terre… ferme sur pilotis. C’est un moment symbolique et c’est à cet instant que je réalise que j’arrive. Que ça n’ira pas plus loin. Que c’est un stop. Une impasse. Je me pose la question de toutes ces voitures… ou vont-elles? Au parking? Venise est là, toute proche et encore lointaine. J’apprécie ce moment; c’est un moment unique, un moment rien qu’à moi. C’est comme une sorte de résumé du voyage, une sorte d’atterrissage et de conscience pleine. Pleine de reconnaissance. J’arrive. J’arrive en plein dedans. En plein tourisme. Eco. C’est ça aussi. Oui.
Quelques 4 kilomètres encore avant de poser pied sur la terre… ferme sur pilotis. C’est un moment symbolique et c’est à cet instant que je réalise que j’arrive. Que ça n’ira pas plus loin. Que c’est un stop. Une impasse. Je me pose la question de toutes ces voitures… ou vont-elles? Au parking? Venise est là, toute proche et encore lointaine. J’apprécie ce moment; c’est un moment unique, un moment rien qu’à moi. C’est comme une sorte de résumé du voyage, une sorte d’atterrissage et de conscience pleine. Pleine de reconnaissance. J’arrive. J’arrive en plein dedans. En plein tourisme. Eco. C’est ça aussi. Oui.
La marche a abouti. Mais le projet pas encore. Il me faut aller jusqu’au bout.
Samstag, 7. November 2015
KPR-2: 41ième jour | Mirano—Mirano
Effectivement, Tobia est un maitre de la gematria (gématrie) et quasi tous ses tableaux sont codifiés de la sorte. «La gematria est une forme d’exégèse propre à la Bible hébraique dans laquelle on additionne la valeur numérique des lettres et des phrases afin de les interpréter.» (Wikipedia) Et ça se déchiffre. Je suis fascinée. Dans chacun de ses tableaux, il y a plusieurs histoires racontées, cachées…
Tobia m’emmène dans le parc de sculptures, magnifique et grande surface autour de la maison ou sont exposées de nombreux travaux d’artistes. Et puis, encore un petit «giro», mais en voiture pour mieux apprécier le fleuve de la Brenta, avec ses villas majestueuses du 16ième, entre autre «palladiennes» (la plus remarquable, la Villa Foscari, appelée aussi «La Malcontenta»). L’après-midi, on reste dans cette ambiance vénétienne, grace à l’inuguration d’un ouvrage sur les oeuvres de Giandomenico Tiepolo (fils du célèbre Gianbatista Tiepolo) dans la Villa Bianchini à Zianigo qui présente une fresque des mains de l’artiste. Le soir, c’est le festin pour les papilles gustatives dans une Osteria à Balo, datant de l’Antiquité, dont la cuisine est traditionnelle. Je n’ai jamais autant bien mangé. Vraiment. Je recommande. Je recommande d’ailleurs de manière générale la cuisine italienne. Ma mammia, que buona!!! Bia.
Freitag, 6. November 2015
KPR-2: 40ième jour | Padova—Mirano
Direction Mirano. Donc, j’ai quitté Arianna. Mais j’ai encore envie de profiter de la ville. Je fais un petit tour dans la basilique Sant’Antonio. Ca pullule de cappucins et autres frères. Je suis fascinée par ce monde de dévotion. J’admire les personnes qui embrassent d’une main le tombeau de Saint Antoine et restent là quelques minutes, tete baissée à prier. Dans une chapelle voisine, il y a les reliques de Saint Antoine. Tout décoré d’or et d’argent, de pierres précieuses, sous le regard vigilant d’un guide. Un bout de crane, un bout d’os, un bout de langue, un bout de manteau, quelques dents… Ce phénomène de dévotion pour des restes humains, de quelques siècles, certes… je ne sais pas, ça me dépasse. Il y a aussi un confessional, une sorte de «store» qui pourrait presque etre ouvert 24h/24h. Je m’arrete 1 minute. J’y vais pour me confesser de perturber le paysage religieux avec mon habit provocateur? Non. Je n’y vais pas. Je respecte, mais l’art m’attend. Alors, andiamo.
Je marche avec une certaine tranquilité car ce soir, c’est sur et certain, je dormirai chez un artiste et une curatrice-critique d’art. Peut-etre un peu trop lentement, quand meme, mon tempo. Car les derniers kilomètres se font sur l’asphalte et dans la nuit, et comme je l’ai évoqué, les Italiens aiment la «vélocité». Heureusement, je suis une illuminée (oui, avec les bandes lumineuses et clignotantes offertes par Loredana). J’ai foncé, foncé et bien transpiré. Je crois que je n’ai jamais autant marché vite. J’arrive enfin chez Tobia Rava et Maria Luisa Trevisan. Grazie à Ion Koman de m’avoir organisé ce contact!
Tobia m’accueille chaleureusement, me fait visiter la grande et belle casa, en traversant en premier son atelier. Pendant que Luisa finit de cuisiner, Tobia me montre la salle d’exposition – exceptionnellement avec ses oeuvres – et me parle du concert à quatre mains du soir d’avant. Qu’il fait bon d’etre parmi eux. Il y a une excellente minestrone, une salade de poulet-avocat-moutardededijon, un vrai régal. S’ensuit du raisin du jardin, des kakis séchés… pour la «gourmet» que je suis, je suis au paradis (ahahah). Tobia et Luisa me proposent de passer une deuxième nuit, si cela me dit. J’accepte. J’aurai ainsi le temps de mieux connaitre la science qui se cache derrière chaque tableau de Tobia.
Tobia m’accueille chaleureusement, me fait visiter la grande et belle casa, en traversant en premier son atelier. Pendant que Luisa finit de cuisiner, Tobia me montre la salle d’exposition – exceptionnellement avec ses oeuvres – et me parle du concert à quatre mains du soir d’avant. Qu’il fait bon d’etre parmi eux. Il y a une excellente minestrone, une salade de poulet-avocat-moutardededijon, un vrai régal. S’ensuit du raisin du jardin, des kakis séchés… pour la «gourmet» que je suis, je suis au paradis (ahahah). Tobia et Luisa me proposent de passer une deuxième nuit, si cela me dit. J’accepte. J’aurai ainsi le temps de mieux connaitre la science qui se cache derrière chaque tableau de Tobia.
Donnerstag, 5. November 2015
KPR-2: 39ième jour | Montegalda—Padova
Au niveau marche, rien à redire… mon sac est lourd, j’ai une jambe qui me fait un peu mal et l’asphalte est ce qu’il est. C’est plat, il y a quand meme de la nature, il y a meme un fiume qu’il faut dévier et des kakis en abondance. Aujourd’hui, j’arriverai assez tot, car ce n’est pas beaucoup de kilomètres entre Montegalda et Padova. Détrompe-toi, chère Marinka… il y en a plus que tu crois. Ou alors, je deviens de plus en plus lente, car étant près du but, j’ai soit une fatigue accumulée, soit un soupçon de tristesse, puisque le projet est bientot terminé. No lo so. J’arrive à Padoue. En bonne pélerine, je fonce dans les musées. Je demande des adresses et contacts d’artistes. On m’envoie à l’autre bout de la ville, il y aurait un Fusion-Art-Center. Ca sonne bien. (En chemin, au Prato della Valle - la place la plus grande au monde – une fille m’accoste. Elle me demande si je n’étais pas à Aosta… Oui, c’est moi. Elle m’a reconnue. Elle vient d’Aosta et m’aurait vue un mois auparavant dans la ville. Elle me raconte qu’elle fait un travail de recherche sur les pélerinages religieux et qu’elle est en ce moment à Padoue pour un groupe de travail).
Je regarde le site web du Fusion-Art-Center, ca a l’air contemporain et ils ont certainement plein de combines pour me venir en aide. Penses-tu! Le centre est fermé. Mince. Je demande aux gens dans les environs. Je parle avec un gars hyper décontracté qui a étudié l’architecture et qui me transmet multiples informations. Il me dit de venir à 20h dans un bar et que le DJ aurait peut-etre un divan (couchsurfing) pour moi. On se quitte. Je continue ma recherche. Je vois un couvent de cappucins. Quitte à faire, en plus ils ont un jardin. On me reçoit et m’envoie chez le père supérieur. Je baratine mes quelques phrases et demande si je «posso montare la tenda nell vostro giardino per una note?» Le père me répond que non, c’est un jardin privé. J’avais envie de lui dire… Pu…, je sais que c’est un jardin privé, c’est pour cela que je demande! Ah, ahahahah. Le grand panneau à coté de la Basilique Sant’Antonio, me fait un peu sourire… «Bienvenu à toi, pélerin!»
Finalement, je suis contente que ça n’a pas marché, ça me bouste à continuer à chercher. Je vois un atelier de cornicchis (encadrement). J’entre et Arianna Furlan, una bella donna, m’accueille et si comme tout était logique et évident. Elle est enchantée que je sois là. A nouveau, elle s’empresse de téléphoner à ses contacts artistes, elle demande aux clients et raconte mon aventure. Elle est juste incroyable. Une énergie et un humour qui vous séduit au premier cadre (c’est nul, je sais, mais c’est pour le contexte). Son copain Gino (artiste et marchand de design) arrive et alors qu’elle doit terminer à travailler pendant une petite heure, elle me confie à lui pour un apéro. Gino Bosa me rappelle que la chose la plus importante: regarder. Regarder et regarder. Tout, regarder et oublier ce que l’on pense croire connaitre. Regarder, oublier, se rappeler. De là découle un mouvement et de ce mouvement, peut-etre un peu de place pour quelque chose de nouveau. Finalement, c’est Arianna qui m’héberge. Elle me cuisine una bona pasta (primo) et poi, des légumes (secondo). Tout simplement succulent. On échange sur les reves de chacune, sur les projets, sur les voyages. Elle aime l’Afrique, mais me confie qu’elle n’est pas encore prete pour ce continent qui a tant d’énergie. Trop d’énergie pour elle: «L’Afrique, c’est trop fort, je m’y perdrais pour l’instant. C’est comme une bombe qui peut exploser à tout moment». Le lendemain, c’est jus de citron, pain aux carottes, confiture chocolat, pommes, café et thé qui me sont servis. Grazie, grazie!! Elle m’organise encore une rencontre avec son voisin qui artiste peintre et musicien. Je découvre son petit atelier sous la maison, sorte de cave qui fourmille de créativité. Et puis, andiamo. Andiamo.
Mittwoch, 4. November 2015
KPR-2: 38ième jour | Creazzo—Montegalda
Andiamo. Andiamo vers Vicenza, vers son théatre olympico, vers le monde de l’architecte Palladio. Et 4 novembre, pardi! Ca se fete! La ville est sur son trente-et-un. Une ribambelle de gens costumés sont là, en pleine préparation. Je scrute ce monde, amusée. Et surgit Alex. Alex avec son bike et de la music à fond les turbines. Euphorique, il me crie: «Eh, you’re also on tour, like me!» Alex me fait un signe qu’il doit apporter quelque chose, mais qu’il va revenir. Il revient, m’explique son grand projet en quelques mots, car ensuite, il est attendu pour un photo-shooting avec Dario Rigoni, photographe. Alex a un look particulier, surtout avec son coeur immense sur la tete et des écouteurs (une sorte de box qu’il a fabriqué lui-meme durant 2 mois). Alex est effectivement en mode «road», depuis l’Est. Depuis… la Bulgarie ou meme plus loin. Il est à vélo et c’est tout un concept qu’il a en tete. Il est DJ, performer, organise des events, coache des gens dans la nécessité… et tout cela, en voyage. Il roule et roule vers l’Atlantique et pour l’an prochain, veut faire un tour en Amérique. Il m’introduit à Dario et à un autre artiste. Et je suis embarquée pour une matinée extra-ordinaire.
Dario et l’autre artiste nous ouvrent les portes de l’exposition d’art contemporain «Chine-Italie» qui vient d’etre terminée et est en pleine phase de démontage dans la Basilica Palladiana de Vicenza. Je suis heureuse, moi qui voulais voir cette expo. Dario documente l’oeuvre de ce premier artiste pendant qu’Alex m’explique sa philosophie, sa perception de la vie, son envie de changer le monde et qu’il vient de partout quand on lui demande ses origines. La directrice interrompt ce moment, car on est un peu en mode «illégal». On est obligé de partir.
Dario et l’autre artiste nous ouvrent les portes de l’exposition d’art contemporain «Chine-Italie» qui vient d’etre terminée et est en pleine phase de démontage dans la Basilica Palladiana de Vicenza. Je suis heureuse, moi qui voulais voir cette expo. Dario documente l’oeuvre de ce premier artiste pendant qu’Alex m’explique sa philosophie, sa perception de la vie, son envie de changer le monde et qu’il vient de partout quand on lui demande ses origines. La directrice interrompt ce moment, car on est un peu en mode «illégal». On est obligé de partir.
Dario voulait photographier Alex dans son habit spécial, dans ce contexte spécial. Tanpis, il le fera dehors. S’ensuit plusieurs prises et petite mise en scène d’Alex sur un monument… puis, Dario me demande si je veux aller dans son studio. Oh, oui! Bonne idée. Si un photographe veut faire quelques prises propre-en-ordre; ça sera gagné et je pourrai en envoyer à Marzia. Le seul petit quoique, c’est que Dario a des idées derrière la tete et qu’il me met vraiment en scène: rouge à lèvre noir, bougies, livres, foulard, ambiance romantique, un peu gothic… bon, je me laisse faire et je pose. J’essaie de poser. Et on finit par quelques poses «normales» de «Marinka, la pélerine». Merci à toi, Dario pour m’avoir offert ton temps et m’avoir fait découvrir ton mode. Ensuite, on mange avec Mau, ex-journaliste et actuellement auteur, de bonnes bigolis con verdure. Mau est un pélerin, il a aussi fait St-Jacques. Alors pour lui, c’est tout naturel de m’accompagner 2 heures sur mon chemin. Je suis soulagée et contente.
C’est la première fois qu’une personne marche avec moi. C’est de la compagnie et de la bonne compagnie, qui plus est. Il me comprend. Et je comprend son italien (d’ailleurs, on me dit que je me débrouille pas si mal). Il me comprend. Il comprend que marcher, penser est un travail et non des vacances (souvent, on me demande: «Ah, tu es en vacances?» Bien sur, ce sont des moments tres agréables, libres…mais cela fait partie d’un travail. En tant qu’écrivain et auteur, il connait cette situation. Nous marchons, marchons, nous sifflons un peu et nous nous quittons. Je marche en campagne, je sens à nouveau l’herbe, la terre et meme les terrains fraichement labourés. Arrive la nuit et ma préoccupation: trouver un artiste. Montegalda. Je vois la pancarte «Agro-tourisme» et une superbe maison. Je fais le contour de la maison et je vois des indications de vente et production de grappa. Il y a de la lumière, il y a de l’odeur: ça distille. J’entre et j’arrive en pleine séance de réunion. J’y vais, je sors mon baratin. On me répond que non, pas d’artiste. Bon, basta. Je demande si je peux camper. Je peux camper. L’endroit est juste magnifique, j’ai des WC, de l’électricité et du gazon recouvert d’un tapis de feuilles mortes et un restaurant au-dessus pour la Minestrone et une Insalata.
Dienstag, 3. November 2015
KPR-2: 37ième jour | Monteforte—Creazzo
Après avoir quitté la famille, je me retrouve dans un plateau, magnifique. Et suivant le conseil de Federico, c’est-à-dire faire une escalader les collines et etre plus au nord pour éviter le trafic et les zones industrielles, j’arrive dans un petit village, précisément au café ou se retrouvent de sympathiques personnages. Alors quand ils voient une ragazza, ils ne peuvent s’empecher d’etre galants et de me demander ce qui me ferait plaisir. Et j’en profite bien. Je dis alors, un café et un thé, avec un peu d’eau. Et puis, une brioche. Bon, ils acceptent, ont l’air de comprendre que de «caminare» ça donne faim et soif. Mon sac se fait aussi de plus en plus lourd. On m’offre de petits cadeaux et comme toutes ces petites choses ont beaucoup de valeur et que je ne peux y renoncer, je porte. Par contre, ce n’est pas une région ou plutot le chemin emprunté des collines ne m’amènent pas forcément aux musées d’art.
Ah, il faut choisir. Culture ou nature, telle est la question! A Creazzo, décidée de ne pas commencer trop tard ma quete d’artistes, je m’adresse vers 16h30 à toutes personnes croisées, ce qui m’amène au Garden Center. Et là, deux vendeuses hyper sympas se mettent à rechercher la perle précieuse. Et on en trouve. Une dame m’accompagne jusqu’au président d’une association d’artistes et lui-meme artiste. La dame me quitte. L’artiste, qui est grand-père, donc un peu préoccupé par ses petits enfants qui sont à l’étage, n’a pas de jardin. Par contre, il me conseille deux autres artistes qui ont un atelier un peu plus loin. J’arrive en plein travail des Martini, fils et père, qui sont entre autre encadreur. Multo sympathico. On se prend au jeu, je pose mes questions, on me répond, on bénit l’espace avec un peu d’eau, et puis vient la question cruciale: «Avez-vous un jardin?».
Le père a bien un petit espace, mais c’est du béton, pas de la terre fraiche. Le fils, non plus, rien et habite à 20km de là. Alors commence une suite de téléphones. Je suis entre l’embarras et la reconnaissance. Il y a bien une artiste qui a un grand jardin et une grande maison, une artiste intéressante et chaleureuse. Le seul quoique, c’est que le robot qui est censé tondre le gazon, a un problème: on ne peut plus l’arreter (si j’ai bien compris) ou quelque chose. Pour résumer, ça ne va pas. Mais elle tente de régler le problème. Le fils Martini essaie un autre contact. Ca ne va pas non plus, car l’homme est avec sa copine. Et ça, j’ai commencé à comprendre, une autre femme dans l’appartement d’un couple…ça ne va pas bien. Les italiennes seraient jalouses!? C’est une zone un peu protégée. Un peu interdite. Non, je ne franchirai pas la frontière.
Finalement, après toutes les tentatives possibles et imaginables, il faut l’accepter, ça n’ira pas pour ce soir. Il me propose de m’amener dans une auberge bon marché. J’accepte ou pas? Eco. J’accepte. M….arinka, tu n’es pas assez conséquente. Je n’ai pas trop envie… C’est la première fois que je paie pour ma nuit. Et c’est pour cela que j’étais un peu triste, je n’étais pas fière. J’explique à l’aubergiste et je lui demande meme si elle n’aurait pas un bout de gazon. Malheureusement pas, et elle a bien une connaissance qui est artiste, mais en ce moment, elle est en Allemagne. Bon, basta. Va pour une nuit. Elle me fait un prix baissé, prise de pitié. Je dors bien, je mange bien: Minestrone et insalat
Montag, 2. November 2015
KPR-2: 36ième jour | Verona—Monteforte
C’est une journée splendide et j’en profite pour grimper. Oui, il y a quand meme quelques pics de dénivellation. Entre olives, vignes et petits villages, je me ressource. Puis descente dans la zone industrielle. Dans un bistrot, je découvre l’oeuvre d’un artiste de la région qui fait des peintures avec de la pate à modeller. C’est bien et c’est fluorescent. Mais l’artiste n’est pas là, quelque part en Asie pour une exposition. Je continue et à la tombée de la nuit, je profite de m’arreter dans une superbe propriété noble et maison de production de vin. Je pense, s’il faut la culture de la vigne, ils doivent aussi s’y connaitre en culture, tout court. J’arrive dans la demeure, dans le bureau de la demeure, il signore, le patron en sorte, avec une dignité et efficacité passe quelques coups de téléphone pour m’aider dans ma requete. Il m’ecrit sur un petit bout de billet toutes les indications d’un couple d’artistes, habitant dans le village.
Ni une, ni deux (ni trois d’ailleurs), je «camino» vers le village et je cherche la villa. C’est toujours un petit moment spécial quand tu arrives et tu essaies d’expliquer ce que tu fais. Qui plus est, de nuit. Alors, c’est quelque peu normal, qu’on me reçoive avec une certaine retenue, une méfiance de prime abord. Je sens que j’aurais du m’annoncer, je tombe vraiment au mauvais moment, que c’est tard et que le couple, avec deux enfants, a autre chose à faire que de m’accueillir et de répondre à mes questions. Finalement, ça se passe autrement.
On m’accueille, je plante ma tente, je me douche, je mange avec eux, je contemple Michela Bogoni à l’oeuvre, Federico Pillan me montre son travail, les deux filles Stella et Céleste me présentent leur univers. Michela et Federico sont des maitres de la peinture, du dessin; Michela est spécialisée dans les portraits et Federico dans plusieurs sujets. Les deux, ensemble, ont réalisé de nombreuses peintures murales, mais aussi, des anamorphoses en pleine rue. Ils se battent pour vivre, pour faire vivre la famille, se battent pour leur passion. La phrase de Michela résume bien la situation: «Paint or die». Alors, le compromis c’est de travailler sur mandat. Beaucoup de mandats. Beaucoup de travail. Leur combat. Pour faire ce qu’ils aiment, et non un autre métier gagne-pain.
On m’accueille, je plante ma tente, je me douche, je mange avec eux, je contemple Michela Bogoni à l’oeuvre, Federico Pillan me montre son travail, les deux filles Stella et Céleste me présentent leur univers. Michela et Federico sont des maitres de la peinture, du dessin; Michela est spécialisée dans les portraits et Federico dans plusieurs sujets. Les deux, ensemble, ont réalisé de nombreuses peintures murales, mais aussi, des anamorphoses en pleine rue. Ils se battent pour vivre, pour faire vivre la famille, se battent pour leur passion. La phrase de Michela résume bien la situation: «Paint or die». Alors, le compromis c’est de travailler sur mandat. Beaucoup de mandats. Beaucoup de travail. Leur combat. Pour faire ce qu’ils aiment, et non un autre métier gagne-pain.
Sonntag, 1. November 2015
KPR-2: 35ième jour | Verona—Montagna—Verona
Cette journée est totalement différente. Un vrai jour de pause, un vrai jour sans art, sans marcher (quoique), un jour dans la nature, en pleine montagne, un jour ou l’on se permet de jouer au billard, un jour ou l’on mange un panini avec du fromage Monte Veronese, un jour de discussion sur le B&B de Dinusha au Sri Lanka (je vous mettrai le lien) et sur ses reves-projets, sur sa passion pour la musique napolitaine et pouillaise (tambour), un jour de Vespa. Dinusha m’emmène sur sa belle vespa rouge pour une balade dans les montagnes, le plus haut point possible direction nord, direction Bosco Chiesanuova. Le soir, c’est une autre discussion qui émerge… sur mon projet, sur l’art. Dinusha, qui me dit qu’il n’est pas du milieu et qu’il regarde la chose avec sa logique, résume en quelques phrases simples, l’essence de ce «pellegrinaggio d’art» ou me fait percevoir ce qui est spécifique à cette performance.
Il me dit que cela va au-delà de la religion, car les gens qui m’accueillent, qui accueillent la performance et répondent à mes demandes, n’attendent rien en retour. Ils ne se montrent pas généreux parce qu’ils ont en tete de «gagner le paradis» en faisant un acte de charité envers une artiste. Non, ils le font, selon lui, parce qu’ils veulent permettre à celle-ci de réaliser son projet, ils la soutiennent en ce qu’elle croit. Il me dit encore que j’utilise l’art comme moyen pour provoquer quelque chose, provoquer des rencontres, provoquer des réactions. Dinusha, merci pour ces phrases. C’est un honneur de recevoir ta pensée et si le projet atteint-rejoint tes mots, alors tant mieux. Go on. Forza. Recevoir-donner/donner-recevoir.
Il me dit que cela va au-delà de la religion, car les gens qui m’accueillent, qui accueillent la performance et répondent à mes demandes, n’attendent rien en retour. Ils ne se montrent pas généreux parce qu’ils ont en tete de «gagner le paradis» en faisant un acte de charité envers une artiste. Non, ils le font, selon lui, parce qu’ils veulent permettre à celle-ci de réaliser son projet, ils la soutiennent en ce qu’elle croit. Il me dit encore que j’utilise l’art comme moyen pour provoquer quelque chose, provoquer des rencontres, provoquer des réactions. Dinusha, merci pour ces phrases. C’est un honneur de recevoir ta pensée et si le projet atteint-rejoint tes mots, alors tant mieux. Go on. Forza. Recevoir-donner/donner-recevoir.
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