Mittwoch, 28. Oktober 2015

KPR-2: 31ième jour | Brescia—Desenzano

En ce qui concerne, les «chemins» du pélerinage, après Milan, ce sont plus de «strada» que j’emprunte. J’essaie de les éviter, mais il est parfois compliqué de dévier un «fiume» ou une autoroute fraichement construite qui te barrent le passage. Alors, je me prends pour une voiture. Honnetement, je déconseille. Tu ne fais pas le poids. Parfois, je marche quelques heures dans les champs, ou le long des canaux, ou encore sur des «picolla strada» mais comme l’art se trouve en civilisation, je dois quitter la campagne. Ce jour-là, des motards me dévancent. Un d’entre eux revient en arrière et se parque. On se salue, on échange quelques mots et on va boire un café. Quand j’arrive dans un bistrot ou meme d’ailleurs en ville, c’est un peu comme un «moment figé dans le temps», tout le monde se tourne vers moi et il y a un silence. 2-3 secondes. Une petite distraction, une anecdote à faire tourner dans les bavardages... Roberto, le motad m’offre des boissons. On parle peu. Mais c’est un moment priviliégé. On n’échange pas de contact. C’est juste un moment, gratuit, sans retour. Un moment pour le temps. Le temps d’un moment.

Stop, j’arrete ma pseudo-philosophie. Alors, pour terminer cette journée, j’arrive à Chiari et je fonce vers la seule galerie ouverte. Un couple tout beau, tout propre, tel que l’exposition qui est vouée au «blanc», m’accueille avec une certaine distance. On me demande de quelle religion je suis. Normale, j’arrive avec mon manteau noir et je fais tache dans cet espace. Il est tard et je suis un peu stressée dans ma quete de trouver un logement... je raconte mon concept. Mais ils ne me proposent pas de m’accueillir chez eux. Mmmmmmhhh. Par contre, me conseillent d’aller voir l’expo à la galerie de la ville; l’artiste est présent. Ok, je fonce. Je débarque, j’admire, j’interpelle l’artiste qui parle à un petit groupe. J’explique mon concept... mais d’abord et toujours, il «timbro-data-firma», puis la bénédiction, puis la question et enfin, la demande pour etre hébergée. La dame du petit groupe me demande si je sais ou dormir... Je réponds que non, en espérant que l’artiste Osvaldo Vezzoli me propose son jardin. Loredana, pélerine de Saint-Jacques de Compostelle, m’offre l’hospitalité. Alors avant de partir avec le petit groupe, je me laisse bénir. Osvaldo se prend au jeu et m’embrasse. Un vrai baiser avec force et tendresse. Ah, ca fait du bien. En plus, il sent terriblement bon. 

Le petit groupe constitué de Loredana, de son fils et de la fiancée du fils, sont enthousiastes et ensemble, nous partons pour un restaurant. Et avant cela, ils m’organisent une rencontre-visite chez un artiste-sculpteur qui travaille le marbre: Amedeo Togni, dont plusieurs de ses oeuvres sont au Vatican. Je saisis à ce moment combien de travail cela implique pour créer, se confronter à tel matériau (certaines oeuvres sont la labeur de 6 mois de taille). Je constate aussi à cet instant, la tradition de la sculpture en marbre en Italie qui remonte à l’Antiquité et que nous-autres Helvètes, n’avons pas.