Montag, 2. November 2015

KPR-2: 36ième jour | Verona—Monteforte



C’est une journée splendide et j’en profite pour grimper. Oui, il y a quand meme quelques pics de dénivellation. Entre olives, vignes et petits villages, je me ressource. Puis descente dans la zone industrielle. Dans un bistrot, je découvre l’oeuvre d’un artiste de la région qui fait des peintures avec de la pate à modeller. C’est bien et c’est fluorescent. Mais l’artiste n’est pas là, quelque part en Asie pour une exposition. Je continue et à la tombée de la nuit, je profite de m’arreter dans une superbe propriété noble et maison de production de vin. Je pense, s’il faut la culture de la vigne, ils doivent aussi s’y connaitre en culture, tout court. J’arrive dans la demeure, dans le bureau de la demeure, il signore, le patron en sorte, avec une dignité et efficacité passe quelques coups de téléphone pour m’aider dans ma requete. Il m’ecrit sur un petit bout de billet toutes les indications d’un couple d’artistes, habitant dans le village.

Ni une, ni deux (ni trois d’ailleurs), je «camino» vers le village et je cherche la villa. C’est toujours un petit moment spécial quand tu arrives et tu essaies d’expliquer ce que tu fais. Qui plus est, de nuit. Alors, c’est quelque peu normal, qu’on me reçoive avec une certaine retenue, une méfiance de prime abord. Je sens que j’aurais du m’annoncer, je tombe vraiment au mauvais moment, que c’est tard et que le couple, avec deux enfants, a autre chose à faire que de m’accueillir et de répondre à mes questions. Finalement, ça se passe autrement.

On m’accueille, je plante ma tente, je me douche, je mange avec eux, je contemple Michela Bogoni à l’oeuvre, Federico Pillan me montre son travail, les deux filles Stella et Céleste me présentent leur univers. Michela et Federico sont des maitres de la peinture, du dessin; Michela est spécialisée dans les portraits et Federico dans plusieurs sujets. Les deux, ensemble, ont réalisé de nombreuses peintures murales, mais aussi, des anamorphoses en pleine rue. Ils se battent pour vivre, pour faire vivre la famille, se battent pour leur passion. La phrase de Michela résume bien la situation: «Paint or die». Alors, le compromis c’est de travailler sur mandat. Beaucoup de mandats. Beaucoup de travail. Leur combat. Pour faire ce qu’ils aiment, et non un autre métier gagne-pain.