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Donnerstag, 8. Oktober 2015

KPR-2: 11ième jour | Nus—Montjovet



Je ne raconte plus les descentes et montées de la Vallée d’Aoste, car elles sont là et bien là. Je dois quand même dire que ça vaut la peine de transpirer car les points de vue et petites chapelles et autres sanctuaires sont des récompenses qui te font vite oublier ton souffle coupé. En chemin, je fais halte au Castello Gamba, magnifique résidence de je-ne-sais-plus-quelle-personne-de-noblesse, où maintenant, un Musée d’art contemporain. Enfin. Je suis seule dans toute l’exposition. Seule et bien seule. On s’active afin que je puisse voir le film d’introduction. Et je découvre d’étage en étage des artistes fameux d’Italie, des décennies passées et autres sculpteurs… Au dernier étage, j’y reste. Il y a l’exposition temporelle de Chicco Margaroli. Et là, je me dis, à quelque part il ne faut pas „grand chose“ pour qu’une création soit prise comme „oeuvre d’art“ ou comme „réalisation artisanale“. Certaines de ses oeuvres me rappellent, dans un certain sens du détail, les créations de Carla. Il ne faut pas grand chose… le contexte, oui! 

Une phrase de Margaroli: „Alimenter et illuminer les coeurs de la maison est la mission la plus digne et la plus difficile aujourd’hui. Chacun avec ses forces.“

A Montjovet, je m’arrête en fin de journée, un peu désespérée car n’ayant pas atteint ma destination prévue… un peu déçue. Un petit paysan, sortant du coin d’une maison, m’adresse la parole et je lui dis que je cherche un-une artiste. Il me dit d’attendre ici, qu’il doit s’occuper de ses moutons. D’abord. Alors, j’attends et j’apprécie cette scène bucolique du troupeau qui ne veut pas suivre le berger. Puis, petit paysan vient vers moi et m’amène chez une personne magnifique: Roberta Béchis. Sculpteure. Comme une évidence, elle m’accueille, son fils super motivé, est notre interprète. Elle m’invite pour manger et Franci me prête sa chambre pour dormir. Roberta m’explique, me montre ses sculptures, me parle de sa passion, de son travail à la Fonderie à Verres fermée il y a deux ans, me parle encore de l’Académie trop classique de Turin. Elle m’explique que la sculpture, c’est encore plus fort, plus direct, plus conséquent que la peinture (d’ailleurs, elle connaît bien le domaine; elle l’a tout d’abord étudié et abandonné pour passer à la sculpture).

La sculpture lui donne plus de satisfaction, tu passes des heures sur une oeuvre, c’est physique, tu sues et tu n’as pas droit à un retour, tu tailles, enlèves, donc pas de retour. Elle me dit qu’il faut que je teste cela, que c’est une performance. Ca me fait envie. Je dois revenir dans la Vallée d’Aoste et prendre un cours de sculpture. A savoir chez qui, autre question. Roberta me montre encore des esquisses pour un mandat de sculpture d’un village qui veut montrer la présence de la Via Francigena. C’est drôle comme sont les coïncidences; je pèlerine et elle, est en pleine phase de croquis, de réflexion sur le thème.