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Dienstag, 22. August 2017

KPR - 3 : Jour 137 | Stari Doiran - Xhrovrysi

Seulement quelques kilomètres et je suis dans le neuvième pays de mon itinéraire. Il me faut parcourir une route, comme une sorte de tunnel, barricadée de barbelés des deux côtés.



Le douanier inspecte ma carte d’identité. Il y a un petit couac, mais je ne comprends pas pourquoi. Je passe, contrairement aux nombreux migrants qui étaient là, il y a quelques temps, dans le sens inverse. A plusieurs reprises, on m’a dit de faire attention, «qu’ils seraient dans les bois et qu’ils me menaceraient». Comme s’ils étaient des bêtes sauvages, féroces! Je suis un peu choquée. J’apprends aussi pourquoi les Macédoniens m’ont fait ce genre de remarques. Ils leur ont accordé leur confiance et ils ont été blessés, des maisons ont été endommagées.
La Grèce est sous mes pieds. Je sens le parfum des figuiers. J’apprécie ces étendues et les chemins créés par des troupeaux de moutons, Les maisons sont blanches. Il y a un calme magistral. J’apprends mes premiers mots en grec. J’ai une bonne impression. Je veux savourer ce moment seule dans ma tente. 

Montag, 21. August 2017

KPR - 3 : Jour 136 | Josifovo - Stari Doiran

Après une nuit d’insomnie, à cause de l'orage, je me ravitaille en raisins (d’ailleurs, j’ai fait une cure, ce qui va me causer des crampes durant toute la journée… j’abuse) et prends la route. Ma tente est trempée et pour la première fois depuis longtemps, je ressors ma veste de pluie. Pendant plusieurs jours, il y aura ce vent qui me pousse. Je traverse des vignobles, prends de l’altitude avant de courir en chantant vers le Lac Doiran. En traversant deux villages, on m’invite pour un café. La dame fait peine à regarder: elle n’a plus beaucoup de dents, elle a dû être blessée car elle a de la difficulté avec une main et marche à l’aide d’un petit bâton. Elle me caresse la joue et me donne un bisou. L’importance d’un bon café est primordiale chez les Macédoniens, c’est aussi le cas chez les Serbes. Je sens que j’arrive lentement vers une autre contrée…

Mais avant cela, une halte dans un petit magasin, de quoi m’informer sur l’art dans la région. Les deux jeunes me parlent en anglais, quel bonheur de pouvoir communiquer et se comprendre. La fille est architecte et artiste. Je l’interviewe. Le musée n’est pas ouvert. Tant pis, je prolonge mon temps chez eux. Elle me parle de la situation catastrophique du pays: corruption, économie désastreuse, diaspora vers l’Europe de l’Ouest. Le gouvernement, l’ancien - peut-être qu’avec le nouveau, il y aura des changements - ne s’est pas préoccupé de son peuple, et celui-ci ne sait actuellement pas faire la différence entre ce qui est bien et mauvais. D’après elle, la première chose à faire, c’est d’éduquer la société. Elle me dit aussi que l’éducation, sous l’ancien gouvernement, était la dernière priorité. La Macédoine souffre et cela se ressent. La plupart des gens quittent ou veulent quitter le pays. Il parait que le meilleur salaire serait celui de chauffeur de camion. J’ai rencontré quelques hommes dans la quarantaine qui sont d’anciens soldats ou qui sont encore engagés dans l’armée. Ils ont vécu les atrocités des conflits, la guerre marque. Il faudra certainement plusieurs générations pour améliorer la situation.


Ce soir, après avoir sonné sans succès chez un artiste, je regarde les derniers touristes se balader au bord du lac. 

Sonntag, 20. August 2017

KPR - 3 : Jour 135 | Demir Kapja - Josifovo

Sur environ 15 km, je suis seule. Au fond d'un val, encerclée par les montagnes des deux côtés. Les rochers, impressionnants, sont connus pour l’escalade.



Il y a des vignes et j’en profite pour me ravitailler (je n’ai aucun souci au niveau du transit). Après ce parcours solitaire, c’est une arrivée sur un plateau où l’agriculture et les vignes occupent l’espace. A Josifovo, une dame m’amène chez un couple de jeunes artistes. Ils ne sont pas là. Le frère de l’artiste me dit qu’il ne sait pas quand il revient. Je reste un petit moment. J’aimerais tellement les rencontrer, mais je sens que je dérange. Le couple d’artistes vient de perdre leur meilleur ami, mort dans un accident. Je quitte l’endroit et me cherche une vigne pour camper. 

Samstag, 19. August 2017

KPR - 3 : Jour 134 I Negotino - Demir Kapja

Une journée normale, agrémentée de sueur, de pauses dans la nature ou dans de petits magasins. L'expérience du silence alors que tu es entourée de 10 personnes. On me regarde. Je les regarde. Je n'ai toujours pas compris comment ils perçoivent ce que je fais. S'ils trouvent que c'est du temps perdu, complètement absurde, ou s'ils n'ont aucun intérêt pour cela… Parfois, ils me lancent des regards ou c'est juste quelques mots, mais rien d'autre ne s'ensuit. Les paysages sont beaux. Il y a de vastes surfaces où quelques vaches broutent, où un cheval est perdu au milieu d'un "no man's land".


Il y a aussi cette halte et cet échange avec toute une équipe d'hommes. Ca passe, on se comprend et on rigole. J'apprends qu'il y a une église catholique car des Slovènes auraient été là après la Seconde Guerre Mondiale. L'église en question n'est ouverte et utilisée qu'une fois par année. Le soir, ou plutôt à 16h30, je suis prête à converser en direct avec le Musée d'art d'Olten, mais leur technique ne fonctionne pas. Tant pis. Je reste dans la petite ville et assiste à des danses traditionnelles serbes et macédoniennes.


Les costumes sont ravissants et les pieds des danseuses sautillent avec beaucoup de finesse. Elles ont toutes un sourire "pepsodent", mais je ressens un vide. Qu'est-ce qu'il y a? Et pourquoi est-ce que tout le monde s'en va après la prestation. Beaucoup de choses m'échappent.


Freitag, 18. August 2017

KPR - 3 : Jour 133 I Stobi - Negotino

Il fait chaud, très chaud. Je suis dans un village et je sirote un café que le patron du magasin a voulu m'offrir. Les deux petits vieux me fixent. Ils sont intrigués, mais ne cherchent pas la communication. J'ai du mal à cerner les macédoniens. Je n'arrive pas à les "capter". Je ne sais pas à quoi cela tient. Est-ce à cause des migrants qu'ils ont vus défiler sur leurs routes? Est-ce à cause de la saison, préoccupés par les récoltes? Est-ce à cause de la situation géographique, retirés dans les monts? Je n'ai décidément pas le feeling avec cette culture, quoique de temps en temps, je rencontre des hommes qui m'offrent de la pastèque. Je me demande si ça vient peut-être de moi: trop habituée à la générosité précédente, je sens la fin du trajet et j'ai peut-être une énergie différente? Bon, je continue et je m'applique.


Les villages traversés sont encore plus pauvres que ce que j'ai vu jusqu'à présent. Je suis choquée, mais j'apprécie aussi ce décalage. Quand je demande quel espoir ils placent en l'avenir, on me dit: "Nos fils et nos filles partent en Europe de l'Ouest pour avoir une meilleure vie". Partir! Quitter la situation.

A Negotino, j'ai de la chance. Le directeur du musée est sur le point de s'en aller, mais il m'accorde un entretien. Puis sa collègue me fait visiter les trois parties du musée. Quand je demande au directeur "vie ou survie?", sa réponse est claire: il est manager, il travaille pour vivre.



On me donne le contact de Chendo, un artiste en ville. J'y vais, il est là. Il a une grande énergie, mais notre entrevue est quelque peu chaotique, en raison notamment de la langue. Je suis très heureux de l'avoir rencontré, car ça devient vraiment rare! Je prends congé et me dirige vers un "monastère" orthodoxe. Il est tenu par un monsieur qui sent le vin et a le sens des affaires. Les monastères restent un mystère pour moi. Je n'ai pas vraiment encore compris comment ça fonctionne. Le lendemain, j'assiste à la réception d'un évêque. Son arrivée est magistrale, en carrosse dans la cour, avec deux "servants" en soutane noire. On lui baise la main, tandis que les prêtres l'entourent et chantent. Je pense à ce qu'on m'a dit en Serbie au sujet de l'Eglise qui s'enrichit. Je les regarde et je n'ai pas vraiment confiance.

Donnerstag, 17. August 2017

KPR - 3 : Jour 132 I Veles - Stobi

Aujourd'hui, c'est de l'asphalte en plein dans les genoux. Mais ce sont aussi des paysages incroyables. Les villages se font rares. Il y a des sortes de chalets d'alpage revêtus de blanc qui accueillent ci-et-là d'immenses troupeaux de moutons.



Il y a aussi de temps en temps des chars tirés par le noble animal, le cheval. Celui-ci est souvent posté en plein champ, attaché par une corde qui lui laisse une certaine liberté. Et puis, les ordures, des sacs plastique partout, tels des semences qui cherchent à s'incruster dans la terre. A Gradsko, je m'arrête chez Vasa, une très belle femme de 65 ans vêtue de noir, peut-être à cause de son fils défunt. Elle a une belle sensibilité et surtout une générosité immense. Mais la plus belle surprise, c'est quand elle me présente son "musée". Tout simplement la vie, le travail, les animaux, la culture. C'est une des plus belles expériences muséales que je fais. Grâce à elle, j'apprends ce qui compte pour un musée: principes et règles que je vais mettre par écrit à un autre moment.




Vasa m'offre ses produits, du fromage frais et un petit bouquet de fleurs qui orne mon sac. A Stobi, je visite un site archéologique datant de l'époque romaine. Les mosaïques sont d'une beauté exceptionnelle et quasi intactes. Je campe à côté du site, le long de la rivière qui m'a rafraîchie.

Mittwoch, 16. August 2017

KPR - 3 : Jour 131 I Katlanovo - Veles

C'est d'abord une traversée dans une nature épaisse et abondante. L'autoroute est à mes côtés ou au-dessus. J'emprunte une petite route et ne rencontre personne. J'arrive au sommet: un paysage impressionnant est là devant moi. Je me crois dans une sorte de désert, parsemé, certes, de vert. Par moments, j'ai l'impression d'être seule. Mais non. Veles est une ville construite à flanc de coteau. Les maisons sont les unes derrière les autres, en terrasses.



J'arrive à l'heure, avant la fermeture des musées. Mais rien à faire, ils sont fermés! Même en essayant le téléphone, aucune réponse. Je m'arrête et c'est mon jour de chance. Le serveur du bar dans lequel je me trouve est étudiant en art à l'Académie de Skopje. Je déballe le matériel et une discussion s'ensuit, très intéressante. Il me passe le contact d'un ami artiste, mais cela ne donne rien. Finalement, j'opte pour planter ma tente au-dessus d'une église, contre la paroi rocheuse.

Dienstag, 15. August 2017

KPR - 3 : Jour 130 I Skopje – Katlanovo

Je suis étonnée comme ça peut être facile de quitter une capitale. Je me lève tôt, juste avant que n'arrive le personnel du musée. Il est 6h30, je traverse le vieux bazar une dernière fois. Je bois un petit café et go! Je me sépare auprès du premier venu d'une carte-abo pour le bus, je longe la route principale à trois voies et j'arrive dans la périphérie. Assez vite, je me retrouve dans des villages, puis des champs de melons, de pastèques et de pruneaux.

Les gens travaillent. Je croise quelques paysans sur leurs tracteurs. La vallée du fleuve Varda est idéale pour l'agriculture. Je perçois les montagnes. La République de Macédoine est majoritairement constituée de montagnes. Je sens aussi le changement de paysage, aride. Pourtant, des surfaces de vignes se profilent devant mes yeux.



Et des grappes, il y en aura. D'ailleurs, j'ai pu déguster du vin macédonien, "épais" en bouche et arborant un taux d'alcool élevé. Durant l'après-midi, j'opte pour me frayer un chemin au lieu d'user mes semelles sur le goudron. Arrivée dans un village, je me plante au petit magasin faisant office de bistrot. Même situation qu'en Serbie. Et là, je rencontre Devji, un pêcheur qui m'invite pour la soirée. Après avoir pris une douche chez la maman et salué sa dent en argent, on embarque pour les montagnes avec Bojan, qui y possède une petite maison de vacances. Devji est un gitan, peut-être aurait-il même des ancêtres mongols. La soirée est belle. Perdue sur les hauteurs, on savoure des produits locaux! Merci les gars pour votre accueil.


Devji veut à tout prix me faire découvrir un endroit "spécial" dans la vallée. C'est un bar où les différentes cultures musicales se rencontrent: macédonienne, albanaise, serbe, tsigane, turque… On paie une belle et ravissante chanteuse pour entonner des airs. Je ne peux m'empêcher de me lever et de danser. On me dit: "Tu danses comme si tu étais d'ici". Retour en montagne et nuit au frais avec de l'air pur.

Montag, 14. August 2017

KPR-3 : Jour 127 à 129 I Skopje

J’ai passé un samedi à l’intérieur, à faire les sauvegardes du matériel vidéo qui m’est précieux. D’abord j’ai du résoudre un problème technique, ce qui m’a amené à visiter tout un boulevard de la ville. Finalement, c’est dans une petite boutique que j’ai trouvé la solution à mon équation logistique. Pendant trois nuits je suis logée sur le canapé de Public Room, au premier étage. L’espace est ouvert tous les jours de huit heures à minuit., voire plus. Il ont un programme très rempli : ils ont quasi chaque soir de la musique.

PrivatePrint, Skopje


Selon Aleksander la réussite d’un artiste repose sur l’organisation et le management. Chaque artiste devrait avoir un manager. Je suis époustouflée par leur énergie inépuisable. Ils sont pratiquement les seuls avec un tel concept dans toute la Macédoine et même au delà. En Europe de l’Ouest de tels endroits pullulent mais ici ce n’est pas le cas. De même que les galeries indépendantes n’existent pas. Les lieux culturels sont étatiques donc soumis au Ministère de la Culture et par la force des choses restreintes dans leur marge de manœuvre et de liberté d’expression.



Ma première impression à la vue de Skopje fut de sourire, de rire même, on a du mal à croire que c’est une ville réelle tant c’est hétéroclite et rempli d’ornements, un vrai décor de cinéma. Je n’ai jamais rien vu de tel, on se croirait dans un autre monde. Il y a des inspirations néo-classiques, des bâtiments de l’ère socialiste, grandioses aux lignes épurées,  des ponts aux allures vénitiennes, de la musique qu’on entendrait à Vienne, des milliers de statues de bronze, des carrousels, un faux navire (qui sert d’hôtel et restaurant imitation belle époque). Puis il y a le vieux bazar, une cathédrale en construction, des mosquées d’où émanent les appels à la prière et des images de Mère Teresa qui te dit ce qu’est le Bien.



Skopje c’est une expérience hors du commun. Et j’oubliais de parler de la communauté Rom, les enfants se baignent nus dans la rivière, on dirait le Gange. Skopje est riche en contrastes.
L’office du tourisme ne semble pas être en fonction, le musée ethnographique est dans un piteux état (très humide, propice aux champignons). Mes sens sont très stimulés, ça va dans toutes les directions.
Galerie d'art nationale


J’ai pu m’introduire au Musée d’art contemporain, en plein montage de l’exposition d’un artiste célèbre. La technicienne m’a dit que je lui ai fait bonne impression et m’a laissée entrer. Apparemment, je dégagerais une bonne énergie. Merci Marga !



J’ai eu plusieurs échanges et visites qui m’ont nourrie et remise en question. Demain, je reprends la route. Mon bleu de travail est raccommodé, mon cœur apaisé et mon esprit a repris confiance.
J’ai pu rencontrer Yane, l’artiste qui a représenté la Macédoine à la biénale de Venise en 2015. Je suis gâtée. Les gens même s’ils sont très occupés, m’accordent un peu de leur temps et ils ne se prennent pas la tête. Et pour finir, cette nuit, je dors dans le Musée d’art contemporain.



 En fait, je pouvais camper devant mais le gardien m’a ouvert la porte. C’est un petit miracle. J’ai tout de suite mis les choses au clair en disant que je dormais à l’intérieur mais que j’allais pas coucher ! Je me marre. Plus tard, deux collègues policiers viennent lui rendre visite. En Suisse, je ne pourrais jamais, au grand jamais faire cela. J’aime cette expérience des Balkans. C’est dense et complexe. Bonne nuit !

Freitag, 11. August 2017

KPR – 3 : Jour 126 I Gornjawe – Skopie

Go, go, go lève-toi et marche. Aujourd’hui tu es attendue ! Attendue par Alexandre le Grand ou plutôt par cette ville aux multiples statues et aux styles architecturaux très variés. Une sorte de « Disneyland » où l’histoire se lit dans le marbre, les ponts, l’éclairage fluo, les écrans géants il y a même une fontaine « à la bernoise » (celle qui est devant le palais fédéral), des enfants Roms se baignent dans la rivière. Skopje est là dans toute sa splendeur.



 Les drapeaux nationaux flottent dans l’horizon. Durant les heures que je passe à traverser la ville, j’entends parler macédonien, c’est très proche du serbe. Je me demande s’il y a une bonne cohabitation entre macédoniens orthodoxes et albanais musulmans. En tout cas mosquées et églises se côtoient.

A 18h00, j’ai une présentation à Public Room. Mais avant je prends une douche chez Aleksandar et Tamara responsables de Rublic Room. J’attends Jean-Pierre et Françoise, mes précieux contacts suisses qui ont fait le déplacement pour sauvegarder le matériel vidéo enregistré au cours du voyage.
La présentation a lieu devant une petite audience mais l’échange est riche et intime. Sabrina, danseuse et culturaliste pose son regard critique, soulève des thèmes essentiels. Selon elle : « un/une artiste doit pouvoir communiquer ce qu’il fait de manière simple à toutes sortes de public. Il/elle doit pouvoir expliquer clairement son travail et prendre position, contextualiser son œuvre. Car celui-ci/celle-ci génère des connaissances et produit un nouveau savoir ».



Donnerstag, 10. August 2017

KPR - 3 : Jour 125 I Kacanik - Gornjane

Je quitte un grand lit douillet, une personne y dort encore, je ne la réveille pas. Les parents m'accueillent pour le petit déjeuner : yoghourt et börek. Je m'y suis bien habituée et le yoghourt liquide est désaltérant. La journée d'hier a été remplie de rencontres avec des bergers et avec un jeune kosovar albanais qui m'a offert son aide.



 Pour une fois j'ai accepté d'être véhiculée : j'ai chevauché une Vespa pendant quelques kilomètres. Le comble c'est que sur le deux roues il y avait un autocollant : Vuichard Fribourg :) La qualité suisse est partout ! L'engin a été ramené par un membre de sa famille jusqu'au Kosovo. En route ! bon sans casque et avec mon sac à dos qui me tirait en arrière. On s'est fait arrêter par la police mais rien de méchant. Ils m'ont demandé d'où je venais et m'ont souri. Il paraît que c'est comme ça la police albanaise, elle se concentre sur le traffic mais pas routier, non, le traffic de substances.



Aujourd'hui je suis heureuse d'être dans la vallée et de franchir une sorte de col pour atteindre la Macédoine. La vallée est en plein travaux : une route en construction, des chantiers partout, de nombreux camions qui circulent.



Je longe cette route et j’ai l’impression d’être sur le col du Grand St. Bernard. Il y a beaucoup de trafic mais je n’ai pas d’autre option. A la frontière j’emprunte les mêmes postes que les voitures. J’attends mon tour, j’embraye et me voilà face au douanier. Tranquille puis autour de l’autre poste frontière, tranquille. J’enclenche la deuxième et je me décide à grimper la montagne, même si la température frôle les 40 degrés. Heureusement, il y a des fontaines partout, ce qui est fort appréciable. L’eau de Macédoine est merveilleusement bonne, ça valait la peine de passer par les cimes.



Le paysage est magnifique, j’ai une vue sur le Kosovo et sur Skopje. Il a plein de petits villages, certains abandonnés depuis des années, d’autres où la vie est paisible. Les maisons sont faites de pierre ou de briques de terre mélangées à de la paille. Au sommet, j’ai la sensation d’être seule au monde. Entourée de nature. C’est sec mais il y a des mûres et d’autres fruits rouges, parfaits pour le thé. Je poursuis jusqu’au petit monastère orthodoxe. L’église a un côté « Bollywood » très baroque au niveau de la quantité des images aux couleurs un peu kitch. Le lieu est très beau et là aussi c’est le calme complet. Je me dis que devrais profiter de l’endroit et me décide à camper là.


Mittwoch, 9. August 2017

KPR - 3 : Jour 124 I Papaz - Kacanik

Ferizaj


J'ai dormi neuf heures, quel plaisir ! Plus que cinq kilomètres à parcourir et j'arrive à Ferizaj. Je m'octroie une pause café avant de chercher le centre culturel. Les gens me disent qu'il n'y a pas de musée et rien d'artistique. Et pourtant, il y a un théâtre et un centre culturel. Et il y a bien un petit musée et une galerie avec une équipe de jeunes bénévoles qui organisent des activités créatives et sportives. Je perçois à quel point un projet comme le mien est important car il donne de la valeur à toutes ces initiatives et je suis très heureuse de pouvoir mettre en avant ces personnes qui oeuvrent pour la culture dans leur région.

Dienstag, 8. August 2017

KPR 3 : Jour 123 I Gracanjca - Papaz

Trojan m'attend à 8h00 au monastère orthodoxe pour me servir de guide. C'est un des monastères les plus célèbres, il date du 14ème siècle et nonante pour cent des fresques sont restées intactes. Cela relève du miracle parce que les 300  autres monastères de la région n'ont pas eu cette chance, ils ont été endommagés par le temps ou détruits  par la communauté albanaise musulmane.
Je me dois de visiter ce lieu, c'est une promesse envers mes interlocuteurs serbes qui eux ne peuvent pas venir ou alors en prenant beaucoup de risques. L'église est magnifique, elle a la particularité d'avoir 5 dômes au lieu de 4. Elle est remplie de fresques bibliques représentant tous les saints de la culture serbe. Il y a une communauté de religieuses qui vit là.



Après avoir allumé des bougies en cire d'abeille, je continue mon chemin et j'emprunte des sentiers champêtres. Je traverse quelques villages serbes puis j'aperçois à nouveau des mosquées. Au moment où je m'apprête à faire une petite sieste, un jeune commence à me parler. Il est charmant mais il se montre très insistant et veut m'embrasser. Ses arguments : il faut se relaxer et vivre le moment présent. Oui bon ça va ! Je n'ai aucune envie moi ! Je pue, je transpire et je veux juste profiter de l'ombre pour me reposer. Je me demande pourquoi certains des Albanais que j'ai croisés veulent-ils à tout prix m'embrasser et plus si entente. Et tout ça à une telle vitesse...Ce n'est pas la première fois qu'on me propose un motel, qu'on essaye de me prendre les mains, de m'embrasser dans le cou. Je me demande : est-ce que quand ils voient une femme étrangère, qui voyage seule, ils se disent qu'ils ont plus de liberté. Peut-être qu'ils ont tellement de pression avec le respect de la religion, de la culture, de la hiérarchie...je ne sais pas. Pour me protéger, je me cache derrière mes lunettes de soleil et je porte la bague au doigt. Je me dis que ça peut aider, c'est quand même fou comme un tel petit symbole peut avoir du pouvoir. Je vais tester son efficacité les prochains jours.
Sur la route je m'arrête dans un petit magasin, un petit groupe d'hommes m'accueille.



Je perçois clairement la séparation sociale entre hommes et femmes. Après 30 minutes il y a toute la famille qui me rejoint et il y a même un professeur de musique. On me propose un concert pour le lendemain soir. Mais là, j'ai juste envie d'un peu d'espace et de camper. Parfois c'est dur de gérer toute cette attention. Enfin, ça dépend.
Je marche, on m'offre du maïs bouilli. Je campe près d'un terrain vague où déchets et chiens errants font bon voisinage.

Montag, 7. August 2017

KPR - 3 : Jour 122 I Pristina - Gracanisce


Bibliothèque Nationale, Pristina

J'ai rendez-vous avec Sihana, une jeune photographe et mannequin qui me montre la Bibliothèque Nationale, l'Université des Arts et la Galerie Nationale du Kosovo. Elle est très grande, très mince et a une voix particulière. Elle est  très belle et elle m'intrigue.
A Pristina il a beaucoup d'artistes mais peu d'endroits pour exposer. Je suis heureuse de pouvoir visiter la Galerie Nationale mais elle ressemble à n'importe quel centre d'art : des murs blancs, peu d'oeuvres, c'est assez stérile et froid. Mais je sens l'importance d'un tel endroit dans une ville qui est entrain de se reconstruire et qui doit asseoir son identité de capitale. J'ai un court entretien avec le responsable des contacts internationaux mais il ne peut pas m'accorder d'interview. Je n'obtiens pas non plus d'interview avec le directeur. La secrétaire est une vraie porte de grange. Bon peut-être que ne me suis pas bien exprimée, peut-être que je ne présente pas assez bien contrairement à Sihana, peut-être qu'il me manque l'essentiel (le sac à main ?)... ça m'énerve quand j'essuie des refus. Bon tant pis !

Galerie Nationale, Pristina

Dans l'après-midi, après avoir divinement mangé en compagnie de la responsable de la culture de l'Ambassade suisse et de ses deux stagiaires, je marche en direction de Bracanica. La périphérie n'est pas très belle, c'est bruyant, en travaux. Il fait très chaud et l'asphalte c'est pas ce que je préfère. Il me reste une courte distance pour atteindre le village serbe qui se trouve en plein Kosovo. J'ai l'adresse du centre culturel et le directeur m'accueille, il est très surpris (comme souvent) et m'autorise à camper sur le plateau de théâtre. Il m'explique la situation de ce "ghetto" serbe. Dans ce village ainsi que quelques autres à proximité, on parle serbe et on a une culture serbe. Je suis confuse et je ressors mon lexique des 10 mots que je connais.
Le directeur continue en m'expliquant l'oeuvre qui est érigée dans le centre culturel : "Missing" en l'hommage aux 3000 personnes serbes et roms qui sont portées disparues depuis la guerre en 1999.
On me dit la souffrance, le massacre...

"Missing", Kultur Dom à Gracanica





Sonntag, 6. August 2017

KPR - 3 : Jour 121 I Pristina

Il y a une chose que je déteste et je pèse mes mots : ce sont les auberges de jeunesse ou les "hôtels" de backpackers. Je ne me sens pas à l'aise au milieu de cette communauté. J'y passe deux nuits, généreusement offertes par "Termokiss". Des européens se retrouvent là, échangent entre eux, fixés sur leurs petits écrans et les bénévoles qui s'occupent de gérer le lieu disent à tout bout de champ : "nice", "cool", "great". Je déteste cette ambiance, je préfère être loin, perdue ou encore dans une situation inconfortable plutôt que je me retrouver dans ce genre d'endroit. Ici mon projet n'a pas sa place, je suis hors champ.
Pristina est une ville très vivante la nuit. Il y a foule dans les rues. La diaspora est là. Je rencontre un musicien qui m'invite chez lui pour m'initier à un instrument traditionnel à deux cordes, une sorte de mini mandoline avec un long manche. J'ai une discussion très intéressante avec Fatmir, on parle même de sexualité. Il me dit : "on peut être infidèle, tant que le mari ou la femme ne le sait pas ".



Le lendemain je prépare ma présentation et me repose. Je suis un peu enrhumée et j'ai de la température. Bon on oublie les bobos et en avant les mots. A Termokiss c'est avec mon anglais pourri que je raconte mon histoire à une petite audience. Puis ils passent de la musique traditionnelle et des tubes albanais jusqu'à une heure trente du matin. On bouge dans tous les sens avec Hetam.




Samstag, 5. August 2017

KPR - 3 : Jour 120 I Keqekölle

Les hommes regardent la cuisinière préparer le petit déjeuner. Il y a du pain frais pratiquement tous les jours. Une petite soupe puis une assiette bien fournie de poivrons grillés, deux oeufs, des tomates et des concombres.
Il me reste 17km avant d'atteindre Pristina. Il fait terriblement chaud. Les maisons se font de plus en plus nombreuses au fur et à mesure que je m'approche de la périphérie.



Les bâtisses sont récentes. Le Kosovo a une nouvelle histoire à bâtir et à raconter. Les premiers mètres franchis dans la ville me donne plus la sensation d'être dans un village que dans une capitale. J'entends l'appel à la prière, les voiture sont partout et il y a énormément de garage. On dirait bien que le business principal c'est la carrosserie. Il y a un certain chaos, du bruit, des déchets et beaucoup de petits commerces.
Je traverse la ville pour rejoindre le quartier "Darnia" et poser ma tente dans le centre culturel "Termokiss"dans lequel je dois faire une présentation.




Freitag, 4. August 2017

KPR - 3 : Jour 119 I Borovac - Keqekölle

Je ne veux pas manquer le lever du soleil. Il sera là à 4h30. Très lentement ses rayons commencent à dévoiler l'environnement. Mile est là aussi, au moment des "au-revoir" il a l'oeil qui brille. On se serre deux fois dans les bras. J'aimerais revenir : le paysage est magnifique. Il n'y a quasiment rien d'autre que la nature. Je dévale dans la forêt et me réjouis de la descente. Il y a bien quelques moments d'incertitude à propos du chemin à prendre car la signalétique est rare. Je dois donc faire confiance à mon instinct. Je teste la direction puis je reviens sur mes pas, plusieurs fois. Puis je décide de m'engager et je reprends confiance. C'est très calme, un immense silence m'entoure.



Il y a une seule maison dans le fond de la vallée avec le faire-part d'une dame décédée. Il faut que je remonte pour atteindre les prochaines cimes. Des chiens  viennent me sentir à distance et prévenir de ma présence. Un troupeau de moutons se régale dans le pré. Il me faut encore quelques heures avant d'atteindre la frontière  Mutivode.
Amusant, je me fais dépasser par des voitures aux plaques suisses : BE, VD, FR, VS, ZH, SG,SZ, JU, GE. Ce sont des Albanais du Kosovo qui rentrent en Suisse après des vacances au pays.
Je reste une heure à la douane. On m'offre du café et du coca. Le big boss qui est d'une sympathie explosive, s'assied à mes côtés, il trouve que mon uniforme est bien mais par contre les lunettes c'est la cata dit-il. Selon lui, je dois me faire accompagner par un homme la prochaine fois que je vais chez l'opticien. Je quitte cet endroit très sympa, j'adore traverser les douanes à pied.



J'entame une longue descente dans la vallée. Les vaches déambulent librement à défaut des humains. Pas de clôture, elle se promènent sur la route. J'aperçois des monuments érigés pour des héros militaires qui se sont sacrifiés pour la patrie. Je me trouve sur le territoire du Kosovo, il me faut donc m'adapter à une nouvelle langue. J'apprends quelques mots en albanais. Les voitures que je croise sont remplies de familles, toutes générations confondues. Les femmes portent parfois un voile blanc et les hommes ce petit chapeau couleur crème. Les mosquées ont remplacé les églises orthodoxes. Au fond de la vallée, le premier village que je traverse est vide, mort. Il y a juste une usine de café et une école. J'apprendrai plus tard qu'il y a parfois plus d'élèves et que d'enseignants, genre un élève par classe ! C'est dans ce village que je passerai la nuit. Un Kosovar allemand m'interpelle et c'est parti... je suis vite intégrée dans la famille, très très nombreuse. La grand-mère a eu six enfants, qui ont eu à leur tour vingt-six enfants et petits enfants. Chaque été tout le monde se retrouve là. Ils sont plus de trente. Les uns viennent d'Allemagne, les autres d'Angleterre et quelques uns sont restés au pays. C'est là que je sens la différence de culture. Il y a le groupe des femmes et le groupe des hommes et tous se retrouvent pour le thé russe servi pour le dessert ou juste le bien être.



Je sens clairement la hiérarchie : le grand frère est très respecté par le reste de la fratrie. Oui, c'est bien le mot "respect" qui définit cette nouvelle ambiance. Je suis en quelque sorte la protégée de l'homme qui m'a abordé et je suis assise à ses côtés. Il me dit qu'il faut avoir une sacrée motivation, du caractère et du courage pour un tel projet. Il est très touché et me confie qu'il pensera à mon projet dans les moments difficiles et que ça lui donnera de la force. C'est très différent de l'ambiance serbe, ici les femmes chuchotent et même si on est très nombreux il y a parfois des silences.
L'interview avec le fils "artiste-architecte" est spéciale : on nous prépare une pièce avec deux chaises à distance l'une de l'autre, c'est très formel mais l'échange est profond.

Donnerstag, 3. August 2017

KPR - 3 : Jour 118 I S. Banja - Borovac

Je quitte enfin cet endroit après une attente. Une attente de mon identité. Elle est là, arrivée vers 16h00 et je peux finalement me mettre en route. Je marche sur la route asphaltée et descends jusqu'à une bifurcation pour grimper sur les hauteurs. Seule, petite forêt bien charnue, mon visage en l'air, mes pensées dans le cœur, je hurle à tue-tête "Free, free". Peut-être qu'il faut se vider, se nettoyer le regard avant d'entrer sur un nouveau territoire. La Suisse m'a appris une chose: la neutralité. Et j'en use. Je souhaite être le plus objectif possible dans la rencontre avec mes prochains interlocuteurs. Alors, chemin en solitaire, nature en abondance, civilisation retirée, j'escalade l'altitude des montagnes serbes. Vers 18h45, ma journée s'arrête. Deux messieurs m'offrent l'hospitalité. La vue est magique. Le coucher de soleil somptueux, je me croirais dans les préalpes.



Il y a juste ces trois maisons datant de 50 ou 100 ans. Simples, mais robustes. Elles ont traversé le temps. J'aurais aimé continuer à marcher au moins une heure et demie, mais on me conseille d'arrêter pour la journée, car cela pourrait être dangereux dans la forêt. Les deux messieurs sont adorables. Ils parlent fort, trop fort et à nouveau ça part dans tous les sens. Ils m'offrent un repas et quel bonheur de manger des produits du jardin, boire de la tisane, goûter aux pruneaux séchés. J'ai même trouvé un artiste. Mile est musicien. D'une voix qui transperce le cœur, il déclame des paroles qui probablement sont liées à l'histoire, le tout accompagné de l'instrument traditionnel.



Merci.

Dienstag, 1. August 2017

KPR - 3 : Jour 115 - 117 I S. Banja




Je reste dans cet îlot, arrêté dans le temps, dans le creux d'une vallée, où les gens se déplacent à l'aide de béquilles, lentement. L'hôtel a plus de 100 ans et l'on peut imaginer la vie qu'il a eue. La structure est simple. J'ai campé dans le parc du village. Paraît-il que c'est sans souci. Mon sac est à la réception de l'hôtel et, hier, j'ai profité de l'eau. Des bains où les gens accolés les uns aux autres se marient à la topologie du paysage. Encore quelques heures avant de parcourir le Kosovo.

Sonntag, 30. Juli 2017

KPR - 3 : Jour 114 I Caricin Grad - S. Banja

Vladan, un architecte qui travaille aussi pour le projet de site de fouilles me dit l'importance de ma démarche, surtout dans des régions en conflit, où la culture a été mise de côté. On me met en garde par rapport aux prochains jours, au passage de la frontière, à la culture albanaise. Je saisis et enregistre tout cela, mais je dois faire ma propre expérience. Je ne prendrai pas de risques inutiles et continuerai de faire confiance à l'humain sur ma route. Le chef du site archéologique qui travaille depuis 40 ans sur le sujet me parle de son optimisme, des conséquences et de la fatalité de la guerre, d'une Europe aux multiples métissages (des parents qui viennent d'un pays, émigrent dans une autre région, les enfants naissent avec une autre identité, puis déménagent dans un pays où la langue diffère… Et on ne parle pas des grands-parents qui ont dû par exemple fuir la guerre). La migration a toujours été là et fait partie de notre histoire humaine, mais on espère aussi qu'à la place de fuir la situation de crise du pays, on y reste et on tente de faire changer les choses… Car le potentiel est là. Je vois le potentiel dans le paysage qui se défile sous mes pieds, paysage magnifique, non touché. L'altitude augmente, les villages se font petits, les routes deviennent des chemins, les maisons dévoilent leur consistance dans la boue utilisée comme matériau de construction.



Je vois le potentiel d'un tourisme de randonnée, je sens l'énergie et l'espoir dans les danses folkloriques, je perçois cet humour et esprit décalé des gens, l'hospitalité sans limite, la mise en place immédiate d'aide et de soutien. Peut-être que c'est pour cela que je suis profondément touchée, amoureuse de cette contrée, de la culture des Balkans. Peut-être que je me retrouve dans tout cela, vivre à fond le moment présente et croire que c'est possible.


Je suis dans cet endroit de sources thermales où le geyser continue à lancer son jet, sa puissance en l'air. Qu'il puisse raffermir notre volonté de bouger.

Samstag, 29. Juli 2017

KPR - 3 : Jour 113 I Leskovac - Caricin Grad

Allez, dai! J'ai un beau but en tête: Justiniana Prima, un site archéologique datant du 6e ou 7e siècle. Il y a la ville haute, avec son acropole, et la ville basse, byzantine, construite à l'époque de l'empereur Justinien, qui aurait prospéré à peine 80 ans et représenterait le déclin de l'Antiquité.



Une journée assez longue qui m'amène à traverser des champs ce serres de tomates, une petite rivière, un village qui célèbre un mariage, une halte chez un hollandais serbe, un jus avec Slobodan à Lebane avant d'escalader à la tombée de la nuit les collines pour atteindre la ville et surprendre l'équipe d'archéologues en plein repas.



Je peux camper à côté des baraques en bois et déguster du cochon grillé (fin cuit, tout juste sorti de la broche).

Freitag, 28. Juli 2017

KPR - 3 : Jour 112 I Leskovac


Musée national et galerie, Leskovac



Aujourd'hui j'ai rendez-vous avec un artiste et je passerai au Musée. Quand il a quelque chose de culturel il ne faut pas manquer l'occasion. C'est au Musée que je passerai le plus de temps, surtout avec deux des employés : Markus et Radmila. Il y a un petit malentendu et on me montre le dépôt de la collection d'art du Musée, croyant que je fais partie de l'équipe de l'Ambassade de France qui devrait visiter la ville aujourd'hui. Marko s'occupe de la collection et Radmila est la responsable de la galerie. La situation au Musée est difficile. La nouvelle directrice est un personne rigide. Il y a peu ou quasiment pas de marge d'action, c'est une situation paralysante. D'ailleurs ici tout se fait par le réseau et les contacts. Et tu dois être dans le même parti politique sinon aucune chance : tu n'as aucun droit, ta formation ne compte pas. D'ailleurs pas très étonnant que certains dirigeants ne possèdent pas la formation requise (s'arrêtant au bac ou s'étant payé un diplôme). Le fait qu'ils m'aient ouvert le dépôt sans la permission de la directrice peut leur créer des problèmes. Bon je comprends, on ne rentre pas comme ça dans les coulisses d'une institution. Marko ne s'en fait pas... Je passerai la journée avec lui, il me fait visiter la maison la plus vieille de la ville appartenant à une famille bourgeoise turque. Puis je découvre une belle église orthodoxe, puis le centre culturel. Je suis sidérée comme les gens prennent du temps pour moi. Radmila m'a invité à dormir chez elle, je passerai la nuit dans la chambre de sa fille qui est absente.



Donnerstag, 27. Juli 2017

KPR - 3 : Jour 111 I Lipovica - Leskovac




C'est une toute petite journée et je l'appréhende tout gentiment. Après avoir déjeuné et visité l'atelier de Mirjana (elle crée des tableaux avec des petits tubes de papier roulés et veut lancer des activités créatives pour les femmes du village), après avoir mangé une tomate, bu un café, mangé des grillades sur la route à 16h30, après avoir recueilli un moineau blessé, longé la route principale - je suis arrivée dans la ville de Leskovac.


J'ai posé l'oiseau dans un buisson. J'ai hésité à le garder pour le soigner. A Leslovac, je n'ai pas de plan, juste mon sourire et de l'énergie à transmettre. Finalement je suis hébergée par un avocat d'une cinquantaine d'années. Il me fait rire car il me donne une vraie leçon d'histoire, il parle sans cesse. Je comprends certains mots, mais cela reste très abstrait. Je ris en m'observant dans cette situation quelque peu absurde. Mais mon rire est soudain coupé quand il m'explique que Marine Le Pen est une femme bien. Merde ! A qui ai-je à faire ? Peut-être que c'est mieux de ne pas tout comprendre.